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Je T cherchée (19)

janvier 3, 2010

Leurs baisers chaleureux n’ont pas pu effacer le vide cruel qui m’a envahie alors : je prenais en plein cœur le fait que je n’étais plus « dans le coup ». Je ne savais plus deviner leurs envies, je ne les connaissais plus. Et mes enfants, qui semblaient juste en avoir eu confirmation, tentaient de cacher au mieux leur déception. Confuse de ne pas l’avoir senti venir, j’en ai pris acte.

Dès lors, je me suis jetée, à corps perdu, dans diverses actions bénévoles. L’activité professionnelle, que j’avais finie par trouver après plusieurs années de recherche et qui restait faiblement rémunératrice, n’occupait pas, en effet, toutes mes journées. J’ai donc rejoint d’autres parents pour occuper les temps de loisirs des enfants. Les miens n’en profitaient plus, mais je retrouvais un peu d’assurance auprès de plus jeunes que mes propositions enthousiasmaient encore. Je m’impliquais aussi pour la bibliothèque, la bourse alimentaire et dans les diverses manifestations du village que nous habitions depuis quinze ans. J’avais ressorti de mes placards un tas d’ouvrages commencés mais jamais terminés : peinture, couture, mosaïque, bijoux, pyrogravure,… Je devenais hyperactive, m’activant et courant tout le jour, ne dormant que quelques heures la nuit.

* L’effet papillon *

J’ai toujours aimé travailler de mes mains. Les réalisations imposées aux Beaux Arts avaient été une révélation et je gardais le rêve secret de me découvrir un talent caché dans un art créatif. Aussi, de façon récurrente, je m’essayais à nombre d’entre eux. Mais si j’avais un peu dessiné dans ma jeunesse, je n’avais pourtant pas cultivé mes prédispositions. Et mon trait gardait un aspect terriblement immature. La peinture m’avait longtemps attirée, mais je n’ai jamais dépassé un figuratif plutôt maladroit. Très tôt, je m’étais fabriquée quelques vêtements, mais pas suffisamment pour connaître tous les mystères de la couture. À bien y réfléchir, j’ai toujours été une sorte de papillon de la création. Touche-à-tout, je m’éparpille, me disperse dans de multiples passions qui n’en révèlent aucune vraiment solide. Et plus je butine l’une, puis l’autre, et la suivante, moins j’approche l’excellence pour une seule. De trop de passions qui ne pouvaient que rester superficielles, je n’en ai goûtée véritablement aucune en profondeur. En matière de don, papillon ne vole pas, papillon coule.

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