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Je T cherchée (12)

octobre 17, 2009

À la maison, Dany était parfait. Le matin, il déposait les enfants chez la nourrice. Le soir, il les récupérait et, souvent, les faisait manger avant que je ne sois rentrée. Je me reposais avec une entière confiance sur ses deux larges épaules. Pourtant, lorsque mon père décida, presque sans crier gare, de prendre sa retraite, Dany se trouva propulsé chef d’entreprise quasiment du jour au lendemain. En quelques mois, il devait tout assimiler, prendre des repères, gérer le tout-venant, prévoir l’avenir. Sa disponibilité, pour les enfants, comme pour moi, devait forcément en souffrir. La déprime me gagnait de nouveau, mais j’ai mis tout de même un peu de temps à comprendre pourquoi : je ne pouvais pas concevoir d’avoir des enfants pour les confier douze heures par jour à d’autres soins que les miens ou ceux de leur père, même si c’était pour exercer un métier dans lequel je m’épanouissais vraiment et même si leur nourrice était extraordinaire.

À l’impri­merie, l’atelier PAO s’était vite organisé et tournait bien. J’y entrevoyais une solution à mon mal-être. Je proposais à Olivier de réduire mon temps de travail. Je n’ose pas parler de temps partiel, étant donné que je faisais déjà plus que les heures réglementaires. Je demandais le mercredi en jour de congé, pour le consacrer à ma famille. Je promettais de faire encore plus d’heures le reste de la semaine, si nécessaire, et même, en prévoyant, de travailler certains mercredis. Olivier ne discuta pas du tout. Il accepta d’emblée toutes mes propositions. Je respirais : j’allais pouvoir continuer à assouvir ma passion pour l’infographie en même temps que tenir de façon acceptable mon rôle de maman. La seule retenue qu’il fit pourtant était qu’il ne devait pas y avoir “d’effet boule-de-neige”. Je frémis soudain car la secrétaire, embauchée quelques mois auparavant, avait aussi deux enfants en bas âge. Mais, comme je faisais part de mes inquiétudes à son sujet, Olivier, appuyé par sa femme qui suivait aussi l’entretien, m’affirma que l’autre jeune maman n’avait jamais émis de demande particulière dans ce sens. J’étais bien trop heureuse pour chercher plus loin.

Je partis en vacances l’esprit léger.

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